Un peu de vélo en Asie centrale.
Comme souvent lorsque l'on se rend dans les -stan depuis l'Europe, on passe par Istambul.
Je retrouve Thomas arrivant de Barcelone à l'aéroport Ataturk, qui est surpeuplé comme un centre commercial le samedi avant noël. embarquement (par bus) dans l'A321 pour Dushanbe, je remarque que 6 vélos sont chargés dans les soutes (dont les notres: ouf ! :) )
Décollage bien jouissif avec l'appareil probablement proche de sa MTOW (max-take-off-weight), arrivée à Dushanbe vers 3h30 du mat, et surprise obtention du visa Tadjik en 10mn et 35$$. aucune tentative douteuse des fonctionnaires tadjiks, plutôt courtois.
Maintenant direction chez Véro, une expat' française qui loge tous les voyageurs de passage à Dushanbé, le plan est en train de devenir encore plus mythique que les casas de ciclistas d'AmSud.
On y retrouve Martina, une allemande croisée à l'aéroport, qui doit rejoindre son copain "Claude" - on comprendera plus tard qu'il s'agit d'une célébrité du milieu - dans l'immédiat son soucis est que son vélo est resté à Istambul.
Quelques cyclos campent dans le jardin, la maison est une colocation ou vivent 3 français (dont Véro qui a déja vécu au Bangladesh et bourlingué en tandem, avec son fils Gabriel en Amsud, dans les Pamirs etc..)
On y restera 2 jours le temps entre autres d'obtenir le permis GBAO (Pamir) qui est une région autonome.
De Dushanbe à Kalai-i-Kumb il y a la M41 (route des pamirs, construites par les soviétiques) "historique" qui franchit un col à 3200m et une nouvelle route par le sud, goudronnée, mais plus longue et avec un trafic poids lourds assez important. Nous allons emprunter l'itinéraire historique dont la partie non asphaltée se limité à la montée/ descente au col.
Voilà le genre de déjeuners que proposent les petits restos au bord de la route. le resto de la photo de droite est un peu mieux,mais ça reste très en deça des almuerzos péruviens. (Et c'est légerement plus cher)
si ce n'est pas l'extase pour la viande, les biscuits, ou les glaces ( !che boludo! no estamos en Argentina!) on trouve divers fruits et légumes bons marché et gouteux au bord des routes, comme par exemple d'excellentes tomates.
Après 3 jours dans la plaine et sous une chaleur pire que ce que nous venions de quitter en France, nous sommes invités chez l'habitant à venir prendre le thé. Nous sommes l'avant dernier jour du Ramadan, notre hôte est fidèle à la tradition, mais pour lui c'est normal de servir à boire et à manger au voyageur. Nous attaquons ensuite la montée au fameux col. un dernier bivouac dans la verdure, au frais vers 2800m, à coté d'une roulotte de nomade qui restera inoccupée cette nuit.
de l'autre coté du col la route est vraiment vertigineuse par endroits, fréquemment bordée de vieux engins style "caterpillar" soviétique en ruine aujourd'hui, qui devait servir à maintenir cette route sujette au glissement de terrain, au temps ou c'était un axe principal.
Aujourd'hui le trafic de transit passe sur la nouvelle route plus au sud.
A kalaï i kumb nous rejoindrons cette route et auront donc beaucoup plus de trafic.
super bivouac avec une sorte de source/geyser qui jaillit au bord de la rivière. douche obligatoire ! trouver de l'eau n'est donc pour ces premiers jours pas un soucis
A Kalai i kumb on avale rapidement un Plov (plat typique du coin: riz, carottes et quelques morceaux de viandes - dixit Thomas: "Coming from the deepest parts of the animal") et on retrouve une route fréquentée dans la vallée encaissée du Panji. sur l'autre rive, c'est l'Afghanistan.
des cyclos en sens contraire : un néerlandais et un coréen qui seront rejoints 2mn plus tard autres 3 autres coréens.
D'ailleurs questions stats' on a rencontré une cinquantaine de cyclos, les français sont évidement la nationalité la plus représentée, suivi des Coréens (du sud, bien sur !)
Ensuite quelques allemands, suisses, britaniques, russes, irlandais, italiens, kazakhes, polonais, tchèques, bulgares, roumains, italiens et espagnols, et un Iranien.
on arrive sur Rushan, à 60km au nord de Khorog, et là pour ne pas faire comme tout le monde, on a envie de remonter la vallée du Bartang qui nous mène direct vers le lac Karakul et le kirghizstan, plutot que de suivre la M41.
Véro nous avait dit que les Solidream sont passée il y a 3 semaines, avec toutes les peines du monde pour franchir les nombreux gués. depuis il a fait très chaud, les glaciers fondent vite, le débit des rivières a bien augmentée. Véro nous avait prévenu que ça ne passerait pas pour nous, mais têtus comme on est on va quand même essayer. en attendant, nous sommes donc un Rushan et un sympathique autochtone nous invite chez lui. Il a vécu en Chine et en Russie, il parle parfaitement anglais, on passe la soirée à refaire le monde, géopolitique, spiritualité, tout y passe. on campe dans le jardin de ces parents, et le lendemain, on a droit aux honneurs: tête de chèvre pour le petit déjeuner.
Bon Véro avait raison, après 60km dans la Bartang, effectivement il y a un gué qui ne passe pas. demi tour et retour sur la 41 jusqu'à Khorog.